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Qu’est-ce que la bipolarité juvénile ?

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La bipolarité juvénile, ou cyclothymie, est quelque chose qui peut faire très peur. Une psychologue explique en détail de quoi il en retourne.

Lorsqu’il s’agit de nos enfants et de leur comportement, il est normal de parfois se poser des questions. Eh oui, on veut toujours le meilleur pour eux, quoi qu’il arrive. Qu’ils aient un trouble, un retard, ou des talents particuliers, vous pouvez être sûr que vous serez bien entouré. Effectivement, les médecins et spécialistes sont bien informés sur tout ce qu’il peut se passer. Caline Majdalani, par exemple, est psychologue clinicienne. Sa spécialité ? La cyclothymie chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Pour elle, « c’est souvent un ensemble de signes qui alertent, pas un signe isolé ». Ainsi, il existerait trois choses distinctes.

Tout d’abord, il faut prêter attention aux soucis émotionnels. Votre enfant peut faire des crises longues (de plus de 30 minutes), qui sont très difficiles à canaliser. Il ne s’agit pas d’une simple frustration, mais véritablement d’une crise. La psychologue qualifie cela d’ « orage émotionnel ». Ces soucis ne sont pas dus aux parents ou aux limites qu’ils peuvent (ou ne peuvent pas) poser. Ensuite, prêtez attention aux variations d’humeur, décelables de manière ponctuelle. Il se peut que votre enfant ait quelques dépressions, durant lesquelles il « est triste, s’isole, est grincheux, irritable, collé aux écrans et ne veut pas participer à la vie de tous les jours ». Enfin, le troisième signe concerne les périodes d’excitabilité. Ce dernier critère est plutôt rare chez les enfants. Durant celles-ci, il peut « devenir une vraie pile électrique, il a plein d’idées… ».

Comment savoir si mon enfant est bipolaire ?

Selon Caline Majdalani : « C’est l’ensemble de signes qui vont faire penser à une bipolarité, mais aussi la fréquence et l’intensité : à quel point on le vit au quotidien ? Chez les enfants, ce sont plutôt des micro-phases. Ce n’est pas forcément très visible au quotidien. Le cerveau de l’enfant est encore trop immature. » Ainsi, elle précise que les psychologues préféreront parler de cyclothymie plutôt que de bipolarité. Concernant une éventuelle prise de traitement, l’experte assure que « ce n’est pas systématique ». Elle ajoute : « On fait tout notre possible pour éviter. » Au lieu d’un traitement médicamenteux, un suivi thérapeutique sera conseillé. Alors, il faudra s’assurer de trouver la bonne personne, c’est-à-dire quelqu’un qui ne juge pas. Enfin, si les médicaments sont nécessaires, sachez qu’il n’est pas obligatoire de les prendre toute sa vie. Un enfant pourra faire ses apprentissages et apprendre à gérer la situation, le tout en étant bien entouré.